dimanche 13 octobre 2019

Noyer le Poisson

William Bloom ne s'entend pas très bien avec son père Edward.
En cause, la manie que ce dernier a de répondre avec un conte fantaisiste à toute question que son fils lui pose sur sa vie.
Sa préférée étant la fois où, le jour de la naissance de William, il a attrapé un énorme poisson en utilisant sa propre alliance comme appât.
Même lorsqu'il se retrouve mourant et que son fils vient le voir en compagnie de sa femme, il continue de raconter ses fables.
Au milieu de tous ces récits fantasques, William cherchera à démêler le vrai du faux et à faire la vérité sur le passé insaisissable de son père.

Voici donc le décors de « Big Fish » un film réalisé par Tim Burton (Beetlejuice ; Batman ; Batman : Le Défi ; Dark Shadows ; ...) et écrit par John August (Titan A.E. ; Les Noces Funèbres ; The Nines ; …) qui a adapté le roman de Daniel Wallace intitulé « Big Fish : A Novel of Mythic Proportions » et dont la musique a été composée par Danny Elfman (qui collabore régulièrement avec Tim Burton)

J'aime beaucoup ce film car au cours de son intrigue, se dévoile une fable sur la transmission qui montre qu'il suffit d'un peux de fantaisie à une vie au premier abord terne pour qu'elle devienne une histoire chamarrée aux multiples rebondissements.
Tout au long du film, on suit William qui enquête sur le passé de son père et on voit en opposition les contes que celui-ci lui racontait sur tel ou tel épisode de sa vie.
Le contraste entre les deux est absolument fabuleux (Non au sens où il s'agit de quelque chose d'exceptionnel et de grandiose, mais bien au sens premier qui fait que ce film tient de la fable, au risque de me répéter)

À chacun des détours, ou plutôt à chacune des pages que tourne le fils dans le livre du père, on apprend davantage sur sa réalité et l'on comprend pourquoi il a décidé de tourner la vérité à sa façon pour la présenter comme un roman épique (l’œuvre originale emprunte d'ailleurs des éléments à l'Odyssée de Homère).

Bref, ce film m'a beaucoup marqué à l'époque et je le considère comme l'un des plus beaux films qu'il m'ait été donné de voir.

Sur ce, je vous laisse et je retourne dans ma Cave, je dois aller préparer ma canne à pêche.

dimanche 29 septembre 2019

Trésor Égyptien

Nous sommes au début du XXième siècle en Égypte, dans le petit village de Mit Rehina.
Rami est un jeune orphelin de 11 ans vivant avec son grand frère marchand de tapis.
Un jour une équipe archéologique s'installe à proximité du village et par un concours de circonstances, notre jeune protagoniste se retrouve à travailler pour le directeur des fouilles.
Commence alors une belle histoire d'amitié entre le jeune garçon et le scientifique qui conduira à une fable sur l'amitié, l'importance de la culture et la force de l'éducation.

Je parle ici du livre « Le Trésor d'Hor Hotep » de Katia Sabet édité chez Gallimard que j'ai découvert à l'âge de 11 ans.
Je ne sais plus combien de fois j'ai lu et relu cette œuvre, en revanche je sais que malgré mes goûts en matière de livres qui portent davantage sur des aventures peu réalistes j'aime toujours autant ce livre alors que j'ai largement passé la vingtaine.

Cela peut vous sembler un argument assez arbitraire et je le conçois, car après tout il est purement subjectif, cela dit je ne compte pas tant de livres que j'ai lu au début de mon adolescence que j'ai autant de plaisir à lire à l'heure actuelle.
J'irais même plus loin car avec l'âge et la maturité certaines scènes me touchent bien plus aujourd'hui.

Certes, l'intrigue est relativement simple afin d'être accessible aux plus jeunes, mais certaines scènes traitent de sujets matures et ne prennent pas de pincettes en passant les détails.
En résumé, ce livre s'adresse à la jeunesse sans pour autant l'infantiliser.

Sur ce, je vous laisse et je retourne dans ma Cave explorer une tombe pharaonique.

dimanche 15 septembre 2019

Objection !

À l'origine cette exclamation se trouve généralement un avocat qui a trouvé une faille dans la défense adverse et s'apprête à faire voler en éclat l'argument présenté par la partie adverse, ou plus simplement un élément énoncé ne peut pas être pris en compte (du moins je le suppose, je ne suis jamais entré dans un tribunal).
À vrai dire, ma seule expérience avec ce mot vient de la série de jeux « Ace Attorney » développés par Capcom.
Ce qui tombe bien car c'est justement le sujet de cet article.

Dans cette série, on incarne un avocat de la défense dont le but est, cela coule de source, d'innocenter son client bien que les circonstances pointent toutes en direction de sa culpabilité.
À cette fin, il sera nécessaire d'aller sur les scènes de crimes afin de trouver des indices et des preuves qui auraient pu échapper à la police, interroger les témoins et trouver les contradiction dans leur propos et, bien évidemment, d'affronter le procureur au tribunal durant des joutes verbales et argumentaires prenantes.

Bien sûr, vous aurez remarqué des points qui divergent de la réalité comme par exemple un avocat qui interroge des témoins sur les lieux du crime.
Ce jeu ne se veut pas réaliste, bien au contraire (d'ailleurs j'ai failli bloquer à la première enquête lorsque j'ai été confronté au choix de fouiller un tiroir dans une chambre d'hôtel, je me suis dit "Mais c'est légal ça ? Je veux dire, est-ce que cette preuve sera acceptée au tribunal ?" et la réponse est oui) ne vous posez pas trop de questions concernant la légalité de certaines actions, le jeu passe outre sauf dans certains cas scénaristiques.

Mais si cette série est connue, c'est principalement pour les séquences du tribunal où le sens du détail du joueur sera mis à rude épreuve lors des contre-interrogatoires où il faudra présenter les bonnes preuves au bon moment et poser les bonnes questions ce qui est loin d'être toujours évident car il faut faire très attention à la question à laquelle il faut répondre.
Si par exemple vous repérez une incohérence dans le discours du témoin mais qu'il n'est pas question de ce point précis dans le procès vous perdrez des points de confiance auprès du juge et les perdre tous signifie perdre la partie.

Je ne peux pas parler de ce jeu sans évoquer les musiques et qu'est-ce qu'elles sont bien !
C'est très simple, une grande partie des gens, à défaut de connaître le jeu, connaissent le thème « Pursuit ~ Cornered » (plus spécifiquement celui du premier volet de la série, cette piste changeant avec chaque épisode) qui est la musique qui se lance lorsqu'une séquence capitale du procès est sur le point de se clore sur une victoire du joueur.
Ensuite, comme dans la majeure partie des jeux, les personnages récurrents ont droit à leur thème spécifique et les retrouver d'un jeu à l'autre est toujours plaisant.

Et puisqu'on les évoque, parlons justement de quelques personnages.
Le plus connu est sans l'ombre d'un doute Phoenix Wright, le protagoniste des trois premiers jeux reconnaissable à sa coiffure en piques pointant vers l'arrière et son costume bleu ; on a ensuite Benjamin Hunter, procureur et rival de Phoenix auquel il doit ses premières défaites dans un tribunal ; puis Maya Fey medium et amie proche de Phoenix qui met ses pouvoirs à son service lors de ses enquêtes ; et terminons avec Dick Tektiv (oui, le jeu use et abuse de jeux de mots lorsque l'on en vient aux noms des personnages et celui-ci n'est pas le pire, attendez de rencontrer Flavie Eïchouette) inspecteur un peu gaffeur mais avec un bon fond qui est généralement appelé pour présenter les affaires au tribunal.

J'espère que cet article vous a intéressé et sur ce, je vous laisse, je retourne dans ma Cave le procès va commencer.

dimanche 1 septembre 2019

Le Clown Sauveur de Monde

Connaissez-vous Kingdom Hearts ?
Si ce n'est pas le cas, il s'agit d'une licence de J-RPG (Japanese Role Playing Game) les plus connues mélangeant Final Fantasy (une autre licence très célèbre de J-RPG) et les univers de Disney et dont le scénario échappe de toute évidence à son auteur, Tetsuya Nomura.

Eh bien aujourd'hui nous n'allons pas en parler, du moins pas directement.
Car ce qui nous intéresse aujourd'hui est la saga parodique intitulée "Kingdom Paf" créée par Isthun.

Comme dans les jeux, on y suit Dora (parodie du personnage Sora, protagoniste de la série originale) porteur de la Keyblade, une arme prenant la forme d'une clef et ayant le pouvoir de sceller le coeurs des mondes afin de les empêcher de sombrer dans les ténèbres.
Seulement, loin d'être un héros en armure blanche sans peur et sans reproche, il se préoccupe plus de retrouver la nana avec laquelle il veut coucher ainsi que de savoir d'où se trouvent son prochain verre d'alcool et sa nouvelle dose de drogue.

Il ne sera pas seul cependant car le roi de Disneyland a ordonné à son magicien royal, un canard débile nommé Cobalt (parodie de Donald Duck), et au capitaine de la garde, un chien stupide répondant au nom de Gecko (qui n'est autre que Dingo), de chercher le porteur de la Keyblade.

Et bien entendu, la coopération ne sera en rien aisée car si Gecko est réellement idiot, Cobalt est loin d'avoir perdu son cerveau et son ego non plus d'ailleurs.
Ce qui mènera à bien des tensions dans le groupe et nombres des situations comiques en découleront, car oui, je ne l'ai pas précisé mais c'est une série comique (même si le terme de "parodie" a dû vous mettre la puce à l'oreille).

Bien sûr, toute aventure héroïque implique d'affronter un ou plusieurs ennemies et ceci prennent la forme des Sans-queues des êtres de ténèbres ne possédant pas de verge sous le contrôle de la terrible CIA (Confédération Intermondiale des Anfoirés) dont l'objectif est de prendre le contrôle de l'univers (car quitte à être un antagoniste autant prendre des plans classiques comme ça on se trompe pas) et qui a pris sous son aile Ricouille, une ancienne connaissance de Dora qui recherche la puissssssssssssance (sauf erreur de ma part il y a douze "s") afin de se débarrasser ce dernier et d'avoir Canarie (la nana susmentionnée) pour lui seul.

Un des gros points forts de cette saga est, selon moi, l'appropriation de l'univers par son créateur qui le détourne selon ses règles et avec brio, rajoutant sa patte à l’œuvre originale et intégrant des points au scénario tout en respectant la trame principale.
On a donc accès à un florilège de gags absurdes (dont je ne vais pas donner d'exemples parce que sorti du contexte c'est moins drôle et que j'en ai déjà lâché quelques-uns plus tôt) brisant parfois le quatrième mur.


Et bien entendu, afin de découvrir la série, vous n'avez qu'à suivre ce lien.

Sur ce, je vous laisse, je dois aller dans ma Cave, un certain Jean-Hubert m'a défié au catch.

dimanche 18 août 2019

Histoires de Monstres

Nous nous retrouvons aujourd'hui pour parler d'un autre œuvre de Nisio Isin (auteur dont j'avais déjà parlé dans cet article sur Katanagatari)
Aujourd'hui nous allons nous pencher sur l'adaptation animée de Bakemonogatari (un mot valise composé de "bakemono", qui veut dire monstre et "monogatari" qui veut dire histoire dans un principe similaire au titre de Katanagatari)

Nous y suivons Koyomi Araragi un lycéen ordinaire, ou plutôt ce qui semble en être un.
En effet, Koyomi n'est pas réellement humain, car après avoir été attaqué par Kiss-Shot Acerola-Orion Heart-Under-Blade (oui c'est long) une vampire qui le transforme à son tour en être de la nuit.
Après bien des péripéties, il parvient à redevenir humain mais a gardé des caractéristiques de suceur de sang.

Alors qu'il grimpe les escaliers de son lycée, une condisciple, nommée Hitagi Senjougahara, tombe sur lui. La rattrapant il ne peut s'empêcher de remarquer qu'elle n'a pas le moindre poids.
Commence  alors pour ce jeune homme une série d'aventures au cours desquelles il va, assisté par un spécialiste du paranormal nommé Meme Oshino, résoudre des cas de personnes frappées par des possessions par des esprits plus ou moins belliqueux voire à carrément affronter des monstres.
Mais son objectif reste le maintien de l'équilibre des forces.

Ce qui fait le charme de cette série, c'est la manière dont les plans sont réalisés donnant la sensation d'irréelle permettant l'immersion du spectateur dans l'intrigue, un point assez intéressant est que l'un des seuls endroits où il existe un semblant de normalité est paradoxalement, l'antre de Meme où il gère les problèmes liés au surnaturel.
L'autre étant l'intérieur du lycée où Koyomi fait ses études. Et je précise bien l'intérieur car une fois dehors, tout semble étrangement disproportionné.

Pour ce qui est des personnages, hormis dans des scène racontées par les protagonistes, on ne verra presque aucun personnage de figuration ou secondaire, cela renforce encore le sentiment d'isolement de ceux qui sont en contact régulier avec le paranormal.
Chacun d'eux est d'ailleurs très bien écrit et à ses qualités, ses défauts et ses excentricités propres.

Les musiques quant à elles sont plus présentes pour donner une ambiance de fond plutôt que d'être entendue par-dessus l'action, aussi je ne trouve pas réellement de moyen d'en parler plus que ça.

Enfin, si vous préférez lire à regarder un épisode, sachez que le premier tome de la série est sorti n France édité chez Pika.

Sur ce, je vous laisse, je dois retourner dans ma Cave, un rituel de purification m'attend.

dimanche 4 août 2019

Une Grande Aventure

Alors certes, ce titre est très générique et pourrait s'accorder avec beaucoup d’œuvres, mais j'ai choisi ce titre avec le manga « Pokémon, La Grande Aventure » en tête.

Cette série, écrite par Hidenori Kusaka et dessinée par Mato pour les 9 premiers tomes puis par Satoshi Yamamoto à partir du tome 10, suit les pérégrinations des protagonistes des jeux de la série principale.
Et quand je dis « protagonistes », je parle des personnages incarnés par le joueur et leurs rivaux, en aucun cas je ne fais référence à Sacha du dessin animé (même si la première traduction nommait Rouge, le protagoniste de la première génération, Sacha)

Alors, pour poser les bases, hormis l'univers et les mécaniques générales, ne vous attendez pas à beaucoup de ressemblances avec le dessin animé.
Le manga aborde des thématiques assez sombres avec des morts de personnages et de pokémons (On voit entre autres un Arbok se faire trancher en deux) et certaines entrées du pokédex sont respectées quant au comportement de certaines des créatures du jeu.
L'ajout de certains personnages originaux en tant que protagonistes est également une des forces de la série.

Ici, les champions d'arène ont une fonction supérieure à celle des jeux et leur expertise dans le domaine des pokémons les fait agir hors de leur arène.
Autant dans les jeux on a l'impression que le premier champion est plus faible que les autres (ce qui est logique vu que le jeu doit présenter une courbe de progression au joueur), autant ici leur force et leur maîtrise du dressage est indiscutable.
Et bien entendu, étant humains, l'attrait du pouvoir et/ou de l'argent peut les faire pencher du côté des organisations criminelles, contrairement aux jeux où ils sont représentés comme fondamentalement opposés à celles-ci (avec peut-être une ou deux exceptions du flemmard je-m’en-foutiste local)

Bref, le scénario est très bien écrit et assez mature malgré le fait qu'il soit adressé à un public relativement jeune et il respecte l'esprit de la série, à tel point que Satoshi Tajiri, le créateur de la série, a soutenu l’œuvre disant de celle-ci : « C'est le manga qui ressemble le plus au monde que j'ai voulu transmettre. »

J'espère que vous donnerez sa chance à cette série et sur ce, je vous laisse et je dois retourner dans ma Cave astiquer ma collection de badges.

dimanche 21 juillet 2019

La Vengeance du Corbeau

Chaque année à Detroit, le 30 Octobre a lieu la Nuit du Diable durant laquelle les criminels s'en donnent à cœur joie.
Un jeune couple, Erica Draven et Shelly Webster, doit se marier le lendemain, le jour de Halloween.
Enfin, c'est ce qui se serait passé si des délinquants n'étaient pas entrés chez eux par effraction avant de violer puis tuer Shelly et poignarder et tirer su Eric avant de le jeter à travers la fenêtre.
Un an plus tard, Eric revient d'entre les morts bien décidé à se venger.

Et c'est ainsi que commence "The Crow", film d'Alex Proyas sorti en Mai 1994 et dont la production a été marquée par la mort de l'acteur principal, Brandon Lee (et comme le précise Anubis dans les  commentaires, que je vous invite à lire au passage, fils du bien célèbre Bruce Lee) incarnant le personnage d'Eric Draven, en plein tournage touché par une balle par accident.

On y trouve une esthétique très sombre proche des films d'horreur mais rassurez-vous il s'agit d'un film de super-héros, du moins dans l'idée car si on colle à la notion du justicier masqué, alors on en vient des types comme superman ou batman qui parviennent à vaincre l'ennemi et à le livrer aux forces de l'ordre.
Ici rien de tout ça, The Crow a des pouvoirs mais il ne cherche que la vengeance.
Peu lui importe la justice des Hommes, il tuera tous ceux qui lui ont causé du tort.
Pas de rédemption possible pour l'ennemi donc, par conséquent beaucoup diront que le film n'est pas moralement pertinent et je ne peux pas les contredire sur ce point, je dois personnellement avouer que voir un film où une vengeance est menée d'un bout à l'autre est très appréciable.
Fondamentalement, le film est assez manichéen.

Pour ce qui est des personnages, on trouve ceux du côté du bien comme Albrecht, le flic intègre, ou Sarah, la gamine qui s'est liée d'amitié avec le couple.
De l'autre on trouve toute la lie Detroit, des criminels infâmes et amoraux, que l'écriture rend détestables à souhait.
Vous voulez les détester ? Aucun problème, les auteurs ont bien fait leur taf à ce niveau.

Et pas qu'à ce niveau d'ailleurs, l'ambiance sombre est très bien travaillée, mais le film sort parfois de cet abysse profond pour faire voir au spectateur des moments de clartés.
Moments qui permettront à Eric de se souvenir que le beau existe en ce monde.

Et bien sûr, la bande-son n'est pas en reste. Les musiques, composée par Graeme Revell, sont surtout marquée par une ambiance mystique tribale avec beaucoup de percussions et alternent occasionnellement avec des morceaux plus légers ou des violons donnent une sensation de calme à la scène.
Je suis tout particulièrement accroché par celui s'intitulant « Believe in Angels » qui présente un des leitmotivs musicaux du film.

Je pense en avoir dit assez et sur ce, je retourne dans ma Cave, je dois vérifier si l'éclaircie vient après la pluie.